Comment être, simplement : 5 leçons de vie que j’ai apprises en regardant les couchers de soleil


Magnifique couché de soleil

« Ne perds jamais ton temps à faire quoi que ce soit d’important quand il fait soleil dehors et que tu devrais en profiter ! » ~ C. JoyBell C.

« Tu dois être, simplement. »

À l’époque, je ne comprenais pas les mots de ma professeure. Mon identité s’était fondue dans mon ambition.

J’ai combattu le vide intérieur en surchargeant mon emploi du temps.

Je me suis battue contre la solitude en ne me laissant jamais le temps d’être avec moi-même.

J’ai lutté contre la dépression en essayant d’en faire plus.

Rien de tout cela n’a fonctionné.

La réponse revenait sans cesse, calme et ferme : « Tu dois être, simplement. »

Heureusement, ma professeure était trop avisée pour me dire seulement de faire moins, quand elle pouvait voir que je m’accrochais à une vie trépidante comme à un gilet de sauvetage. Au lieu de cela, elle m’a doucement montré où chercher plus.

Ce sont quelques-unes des leçons que j’ai apprises, voici plus de trente ans, lorsque ma professeure m’a mise au défi de la rencontrer dans un terrain vague, à quelques pas de chez moi, au bord d’une route de grande banlieue de Paris. Jour après jour, nous avons regardé le coucher de soleil ensemble.

Leçon N° 1 : Vivez profondément

Il y avait de beaux parcs dans le quartier où je vivais. La plupart des gens auraient choisi un lieu composé de magnifiques jardins avec des bancs et peut-être même une fontaine, pour regarder le coucher de soleil.

Mais cela ressemblait trop à ma vie parfaitement organisée.

Au lieu de cela, nous nous sommes assises sur la terre. Seuls des buissons d’armoise occupaient le terrain.

Ce fut magique.

En conduisant au pas sur ce terrain vide, il semblait désolé, sec et inhospitalier. Mais peu à peu, j’ai découvert la vie.

J’observais les oiseaux et les lézards. Je découvrais de minuscules fleurs du désert. Le parfum dégagé par l’armoise imprégnait tout. Sous la surface de ce qui semblait mort était la beauté que je recherchais.

Au contact de la terre, mes pieds m’ont guidée pas à pas hors de l’insécurité et du découragement qui régnaient dans ma tête. Lentement, sans un mot, j’ai commencé à croire qu’il existait quelque chose de vivant et de beau en moi aussi.

Derrière ma vie trépidante, ma solitude et ma souffrance, j’ai entrevu le bonheur et j’étais prête à le revivre.

Leçon N° 2 : La meilleure partie de la journée n’est probablement pas programmée

La vie est un processus évolutif et non un événement ponctuel.

Pourtant, notre culture nous apprend à fonctionner comme si la joie pouvait être prévue, programmée et quantifiée.

Mais les couchers de soleil se rebellent contre le calendrier de Google.

L´heure du coucher de soleil change chaque jour à mesure que la saison avance. Le seul moyen de l’observer est de garder à l’esprit ce qui se passe dans le monde naturel et de s’y adapter.

C’est formateur pour s’adapter aux évènements de la vie : quand les gens ont besoin de nous à des moments difficiles ou que des opportunités se présentent quand on s’y attend le moins.

C’est une invitation à écouter nos propres cœurs débordés, afin d’être attentif au rythme de notre esprit, si nous avons besoin de calme ou de compagnie, de défi ou de repos.

Surtout, c’est un rappel pour s’ouvrir au bonheur juste devant nous.

J’avais vécu toute ma vie en me disant que je serais heureuse une fois que j’aurais atteint la prochaine étape ou le prochain objectif. Le problème était que la ligne d’arrivée changeait constamment. Dès que j’atteignais un but, je le remplaçais par un autre.

Regarder les couchers de soleil a brisé ce schéma en interrompant littéralement tout ce que j’avais programmé et en m’apprenant à m’arrêter, à regarder autour de moi et à remarquer la beauté.

Combien de fois passez-vous à côté du bonheur parce que vous n’avez pas le temps de le remarquer ?

Leçon N° 3 : À propos du processus

Regardons les choses en face : personne ne se soucie de savoir si vous regardez les couchers de soleil. Ce n’est pas une activité à indiquer dans un CV, ou même quelque chose à inscrire dans une liste.

C’est précisément le problème.

L’intérêt de regarder un coucher de soleil vient du fait d’être dans l’instant présent. Chaque étape du phénomène est belle. La vie est semblable.

Souvent, nous souhaitons éviter les moments lents, douloureux ou solitaires et suspendre dans le temps un instant de réussite ; idéalement, consommer de la joie.

Mais la vie continue d’avancer et c’est bien.

Avant l’invitation de ma professeure, je ne pense pas avoir jamais pris le temps de m’asseoir et de regarder un coucher de soleil du début jusqu’à la fin. En tout cas, je ne l’ai jamais fait régulièrement.

Lors d’un bon jour, j’aurais peut-être levé les yeux et remarqué un moment de beauté dans le ciel, j’aurais peut-être même pris une photo, mais ensuite je serais retournée à mes occupations.

Observer tout le processus est différent.

J’ai appris qu’il n’y a pas un moment unique. Le ciel du crépuscule est une tapisserie en mouvement. C’est l’interaction de la lumière et de l’obscurité, du ciel clair et des nuages qui crée la beauté.

De même dans nos vies. La joie se déploie à travers ce mélange de lumière et d’obscurité et chaque instant est magnifique.

Leçon N°4 : Créer des souvenirs

Beaucoup de souvenirs de mon adolescence sont flous, mais pas ces soirées, assise près d’un buisson d’armoise en regardant le coucher du soleil. Les relations se nourrissent et les leçons sont transmises lorsque nous créons intentionnellement des souvenirs.

Ma professeure était bonne dans ce domaine.

Quand j’allais chez elle, elle me servait du thé. « C’est parce que tu ne peux pas avaler une boisson chaude » m’expliquait-elle : ralentir suffisamment pour boire lentement m’aidait à être, simplement.

Nous avons planté des tomates ensemble, puis nous nous sommes assises dans l’herbe et avons observé les oiseaux et les vers de terre. Rétrospectivement, je ne pense pas qu’elle jardinait régulièrement en dehors de cette expérience avec moi. Mais elle voulait que je sente la terre sur mes mains, que je respire le soleil, que je me souvienne de cette connexion avec la nature et avec moi-même.

Une fois, elle a branché la climatisation et allumé un feu dans sa cheminée, alors que c’était l’été à Paris. Elle l’a fait parce qu’elle pensait que j’avais besoin de méditer près d’un feu, malgré les quarante degrés qui régnaient à l’extérieur.

Hé bien cette expérience m’a marquée pour le reste de ma vie et je m’en souviens chaque fois que je médite au bord d’une rivière ou de l’océan.

Les gens comptent. Notre bien-être émotionnel compte. Les moments que nous créons ensemble importent.

Des années plus tard, alors que j’avais déménagé très loin et que je me sentais perdue et découragée pour différentes raisons, ma professeure a emballé un grand buisson d’armoise dans un colis gigantesque et me l’a expédié.

Pause-souvenir

Leçon N° 5 : La fin est aussi un commencement

Lorsque vous êtes assis dans le désert, que vous écoutez les insectes, observez le ciel du crépuscule, on touche l’infini. À mesure que les couleurs du jour s’estompent, les étoiles commencent à apparaître, la fraicheur du soir gagne le désert : les animaux nocturnes apportent alors une vie et une énergie croissantes.

J’ai réalisé que même si je venais regarder un coucher de soleil, le rideau ne tombait jamais, comme au théâtre. Il n’y a qu’une suite.

La vie est comme cela.

Les changements se produisent.

Mais même les changements qui semblent brusques et complets – comme la différence entre le jour et la nuit – expriment continuité et connexion.

Elle m’a appris, sans le dire, à rechercher les opportunités de croissance à travers mes défis et à faire confiance au processus.

Vingt ans plus tard, lorsque mon enseignante bien-aimée a appris qu’elle était atteinte d’un cancer, elle m’a fait part de ses espoirs et de ses réflexions tout en observant sa propre mort. Elle était curieuse, ouverte. Dans toutes nos conversations, je ne l’ai pas entendue exprimer de craintes pour son avenir, même si elle était souvent inquiète pour moi.

Elle n’aurait pas dû l’être.

Elle m’avait donné les outils dont j’avais besoin vingt ans auparavant, dans un terrain vague, au bord d’une route, dans le crépuscule.

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