Bouddhisme : Religion et Spiritualité ?


Bouddhisme : Religion ou Spiritualité ?

Le bouddhisme, apparu en Inde au 5ème siècle av. J.C, comptait en France, en 2016, 600 000 pratiquants et 5 millions de sympathisants si bien que dans l’hexagone, le bouddhisme est considéré comme la quatrième religion.

Au niveau mondial, le bouddhisme occupe le même rang et est la quatrième religion la plus pratiquée.

Pourtant lorsqu’on y regarde de plus près, la croissance du nombre d’adeptes au bouddhisme n’est pas liée à la foi mais plutôt à une quête spirituelle.

Nombreux sont celles et ceux qui voient dans le bouddhisme, la possibilité d’un développement personnel.

Alors religion ou spiritualité, essayons d’y voir plus clair.

Différence entre spiritualité et religion

A première vue, il est difficile de distinguer spiritualité et religion : la spiritualité est définie comme la qualité de ce qui relève de l’esprit, qui est sans lien avec un aspect matériel.

Le dictionnaire Larousse nous dit aussi que la spiritualité, c’est « ce qui concerne la doctrine ou la vie centrée sur Dieu et les choses spirituelles ».

A travers les définitions retenues de la spiritualité, on constate donc qu’il est difficile de la distinguer de la religion puisqu’une référence à Dieu est présente dans une de ses explications.

La religion répond quant à elle à des définitions qui mettent en avant la croyance en un ou plusieurs dieux mais aussi l’ensemble de pratiques, de rites à suivre qui diffère selon la croyance, selon la religion à laquelle l’individu croit.

Si l’on compare les définitions, on se rend donc compte que tant dans la religion que dans la spiritualité, l’aspect immatériel est présent.

La religion est une croyance et relève aussi de l’esprit si bien qu’il est difficile de la distinguer de la spiritualité.

Pourtant, ceux qui estiment avoir une vie spirituelle vous l’affirmeront, religion et spiritualité n’ont rien à voir.

En fait, lorsque l’on veut distinguer les deux notions, on se rend compte que finalement c’est l’existence ou non de règles qui permet de faire pencher la balance d’un côté.

Les rites, que l’on trouve dans la religion, ne sont pas présents dans la spiritualité et c’est cet élément qui permet de les distinguer. 

Le bouddhisme en quelques mots

Mot formé à partir de bouddha, le bouddhisme, c’est suivre l’enseignement de Bouddha plus précisément du Bouddha Shakyamuni, fondateur du bouddhisme.

Le premier Bouddha, dont le véritable nom est Siddharta Gautama, avait abandonné toute richesse pour s’adonner au rite de la méditation.

Le terme « bouddha » désigne celui qui a atteint la sagesse, l’éveil par lui-même et qui est en mesure de l’enseigner.

Le bouddhisme consiste donc à rechercher l’éveil de son esprit soit par soi-même soit en suivant l’enseignement des bouddhas (le bouddha étant un titre, il n’est pas réservé au fondateur du bouddhisme).

Les éléments qui permettent d’assimiler bouddhisme à religion

Alors même que Bouddha n’est pas considéré comme un Dieu mais plutôt comme un maître, on relève que dans le bouddhisme des rites destinés à la vénération des bouddhas (donc tout ceux qui ont atteint ce titre et pas uniquement le premier Bouddha) existent.

Outre le fait que la vénération existe dans le bouddhisme, on relève aussi la pratique du pûjâ qui est un acte de dévotion puisqu’il consiste à honorer les êtres sacrés en chantant ou en effectuant des offrandes.

On relève aussi que les adeptes du bouddhisme disposent de leur propre lieu de culte : ils peuvent pratiquer « leur religion » au sein de temples dédiés.

Notons d’ailleurs que les autels où les bouddhistes se rendent contiennent en majorité une statue de Bouddha.

Les actes de vénération et un lieu de culte propre nous laissent donc penser que le bouddhisme est bel et bien une religion.

De même, la pratique du bouddhisme, qui repose sur celle de l’enseignement du Bouddha et plus précisément sur la pratique de l’enseignement de ce qui est appelé « les quatres nobles vérités », s’accompagne outre du culte du Bouddha, de celui du Dharma et du Sangha.

Concernant Bouddha, retenons qu’il est commémoré chaque année à Vesak (c’est le terme désignant le jour de la commémoration de l’éveil de Bouddha).

Quant au dharma, c’est un terme sanskrit qui n’est pas propre au bouddhisme ; on le retrouve aussi dans l’hindouisme notamment.

Associé au bouddhisme, le dharma doit être compris comme l’ensemble des enseignements que Bouddha avait transmis à ses premiers disciples.

Enfin, le sangha fait référence à la communauté, à l’ensemble des disciples du bouddhisme.

Lorsqu’une personne souhaite devenir bouddhiste, elle indique choisir le Bouddha comme refuge, le dharma comme refuge et le sangha comme refuge.

On constate donc une allégeance à ces trois notions, ces trois cultes.

Ces trois cultes peuvent aussi être vus comme les éléments constitutifs d’une religion puisqu’on y retrouve un « dieu », une communauté de pratiquants (c’est le sangha) et un enseignement à suivre (le dharma).

Enfin, autre argument justifiant l’assimilation du bouddhisme à la religion, les mantras : ces derniers peuvent être perçus comme une prière.

Si les similitudes avec une religion sont nombreuses, les adeptes, et surtout les nouveaux adeptes, ne cessent de le clamer : le bouddhisme n’est pas une religion.

Un des arguments allant dans ce sens est que la croyance en un Dieu n’est pas présente dans le bouddhisme : en vénérant Bouddha, les bouddhistes estiment qu’ils ne font qu’honorer, rendre hommage à un grand homme.

Faut-il alors conclure que le bouddhisme est uniquement lié à la spiritualité ? Voyons ça de plus prêt.

Le bouddhisme et le fait spirituel

Comme nous venons de le voir, la pratique du bouddhisme comporte son lot de similitudes avec la pratique d’une religion.

Pour autant, aujourd’hui, les bouddhistes considèrent qu’ils ne pratiquent pas une religion : nombreux sont celles et ceux à estimer avoir une vie spirituelle sans pour autant estimer avoir une vie religieuse et sans être croyant.

Cela s’explique par le fait que la pratique du bouddhisme tend surtout au développement de soi, à l’éveil du « moi ».

Très tôt d’ailleurs, bouddhisme et philosophie de vie ont été associés.

Etre bouddhiste, c’est développé son esprit : l’on comprend mieux alors pourquoi bouddhisme et spiritualité sont liés.

Au cœur même de l’enseignement du bouddhisme, on trouve la pratique de la méditation.

Or, la méditation n’est pas une pratique religieuse, elle est définie comme un acte de réflexion.

Réflexion sur la vie, sur un sujet particulier ou sur la réalisation d’un acte.

Associée aux pratiques bouddhistes, la méditation est le moyen permettant d’atteindre la sagesse ; pratiquée avec assiduité, c’est elle qui permet l’éveil de l’esprit, l’éveil de sa nature personnelle qui permet de se libérer de toutes souffrances.

Cet éveil n’est le fruit que d’un travail personnel sur soi : les bouddhistes prennent certes comme exemple Bouddha, ont foi en son enseignement mais ils ne croient pas en une intervention divine, surnaturelle pour atteindre l’éveil de leur esprit.

Dans le bouddhisme, on considère que chaque être humain est responsable de sa destinée : si le karma y occupe une place importante, il n’en demeure pas moins que les bouddhistes considèrent que chacun en est le maître.

Ce sont les pensées, les actes mais aussi les paroles que chacun peut avoir qui impacteront sur la vie que l’on aura.

Avoir un bon karma ou un mauvais karma dans l’enseignement bouddhiste n’est d’ailleurs pas lié à une destinée mais à son propre comportement.

A travers notamment le karma, on se rend compte que le bouddhisme c’est surtout comprendre que ce sont nos actions, nos actes qui font notre bonheur ou notre malheur : à chaque acte, sa conséquence.

Selon l’enseignement bouddhiste, nos actes de la vie quotidienne doivent être empreints d’éthique et de discipline mentale : il faut que l’être humain agisse tout en mesurant les conséquences de ses actions pour ne pas faire de mal aux autres.

Le bouddhisme consiste donc à faire le choix d’une vie où l’être reste en état de conscience : cela signifie qu’il faut rester en contact avec la réalité et ne pas se perdre dans ses rêves.

La pratique du bouddhisme est donc continue même si des moyens tels que la méditation peuvent permettre d’aller plus loin dans l’éveil de l’esprit.

A l’heure où notre société recherche les moyens d’atteindre zénitude et bien-être, on comprend mieux l’attirance qu’ont de plus en plus de personnes pour le bouddhisme (qui attirent tant croyants que personnes athées).

Finalement, l’on s’aperçoit que le bouddhisme n’est spiritualité ou religion que selon le sens que chacun souhaite donner à sa pratique : cela se confirme d’ailleurs à travers les principaux courants du bouddhisme.

En effet, parmi ces courants, certains centrent la pratique sur la méditation (courant dit dhyana ou zen) alors que pour d’autres la pratique est centrée sur l’usage d’un chapelet et sur la récitation du nom du bouddha dit Amithaba (courant dit de la Terre pure) ou encore sur la récitation des dharanis et autres mudras (formules et signes magiques que l’on retrouve dans le courant dit vajrayna également appelé le bouddhisme tantrique).

Le bouddhisme répond donc bel et bien aux critères d’ouverture et de tolérance qu’on lui associe.

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